Dossier: La
voiture star à l’écran
Par Benoit Dehon
Depuis le début du vingtième
siècle, la voiture tient une place particulière dans la société. Souvent en
rapport avec la classe sociale ou les moyens
financiers de son propriétaire, elle est devenue au fil du temps un
élément
incontournable de la vie quotidienne. A notre époque, tout le monde
possède sa voiture et l’expression « dis-moi avec
quoi tu roules, je te dirai qui tu es » est encore souvent d’application, même si
les temps ont bien
changé.
A l’écran, on s’aperçoit que la voiture occupe une place importante
dans bien des cas. Soit comme
partenaire privilégiée de l’un des personnages, soit comme
héroïne d’un film, soit
comme outil
de merchandising.
Bien souvent, c’est la voiture qui permet au
(télé)spectateur de rétablir le lien avec un film, un
acteur ou un héros de fiction.
Après quelques semaines
passées à fouiller dans des revues et sur le « web », et surtout à
vérifier la cohérence de données récoltées, après avoir visionné quelques
cassettes et m’être
trituré la mémoire,
j’ai essayé de faire un inventaire non exhaustif mais
assez précis de ces bêtes de scène qui nous ont fait vibrer au travers de
séries télévisées et autres films,
récents ou anciens, pour la plupart anglo-saxons. Certaines dans le rôle de
vedette, d’autres de façon plus anonyme, en mettant
l’accent sur leur exclusivité – rubrique oblige, leur rôle, et leurs
caractéristiques techniques ou esthétiques.
Les séries télévisées américaines
Commençons
par la plus célèbre des ricaines... Tout le monde
pourrait s’attendre à ce que cette première
place revienne à la Ford Gran Torino 1974-76 rouge « tomate »
à bandes blanches du détective David Starsky (Paul Michael Glaser) dans la
série « Starsky & Hutch » (1975-79). Avec son gros V8 400
cubic inches, elle n’aura laissé personne indifférent au rythme de
crissements de pneus
et autres virages à l’équerre dans les rues de Los Angeles. Elle fait partie
intégrante du paysage audio-visuel depuis les années septante.
Certains auraient pu s’imaginer
que cette position de choix revienne à « K.I.T.T. » (Knight
Industries Two Thousand), la curieuse Pontiac Firebird Trans-Am 1982 modifiée
conduite par David Hasselhoff (alias Michael Knight) dans la série « Knight
Rider » (1982-86, « K-2000 » en français). Affublée
d’appendices aérodynamiques
plus ou moins
discrets, d’enjoliveurs très « plastique » et surtout de son œil
scanner (accessoire faisant encore fureur chez certains adeptes du tuning de mauvais
goût), ce « bolide » noir intelligent, toute vedette qu’il est, n’est
pas un modèle de
réussite esthétique. Même si on
en parle encore.
Restons dans le camp des
bizarreries. De 1983 à 1986, la télé américaine
produit « Hardcastle & McCormick »
(« Le Juge et le Pilote » en français) avec pour héroïne, aux côtés
du juge en baskets (Brian Keith, alias Milton G. Hardcastle) et du pilote en
liberté conditionnelle qu’il héberge (Daniel Hugh-Kelly, alias Mark
« Skid » McCormick),
la Cody Coyote, véhicule de sport hybride en kit, au toit Targa, et monté
sur un châssis VW. Une DeLorean modifiée
viendra ensuite remplacer
l’exemplaire initial.
Et si c’était une française? Presque aussi connue que son propriétaire, la Peugeot
403 Grand Luxe Cabriolet 1959 grise du Lieutenant Columbo
(Peter Falk) est un institution à elle toute seule: portière bloquée, capote
déchirée, klaxon ramolli,
sièges abîmés,
peinture passée, carrosserie bosselée, rétroviseur cassé… Tout y est, même le
gros toutou-saucisse fainéant qui y loge parfois et qui renforce encore plus le
caractère cocasse et chaotique de l’engin (« Columbo »,
70 téléfilms de
1971 à 2000).
La vraie vedette au hit parade est de couleur « Hugger Orange », son
V8 440 c.i. fait un bruit d’enfer, ses travers et ses sauts de l’ange dans la
campagne du Sud
sont inoubliables. Il s’agit de « General Lee », la Dodge Charger
conduite pas les cousins Bo et Luke Duke (John Schneider et Tom Wopat)
dans la série « The Dukes of Hazzard » (1979-85,
« Sheriff, fais-moi
peur! » en français). Millésime 1969,
décorée d’un drapeau sudiste sur son toit et du numéro 01
sur ses portières soudées, elle fut souvent la cible du sheriff Rosco P.
Coltrane et de ses acolytes maladroits.
Autre vedette de la série, mais
dans un autre registre, l’aguichante cousine Daisy – incarnée par l’actrice
Catherine Bach (tout le monde se
rappelle son short en jean’s trop court) – roule en Plymouth
Road Runner 1972 jaune à bandes noires dans les premiers
épisodes, pour passer vers une plus conventionnelle Jeep CJ-7 ensuite.
Continuons l’inventaire des séries des eighties et soulignons la Ford
Thundebird 1957 rouge de Dan Tanna (Robert Urich) dans « Vega$ »
(1978-81), l’imposant
van GMC G-Series de Barracuda (Mister T) dans « The A-Team »
(1983-87, « L’agence tous risques » en français) et la Ferrari 308
GTSi 1980-85 du détective Thomas
Magnum (dans la série
« Magnum, P.I. »,
1980-88) – qui a du être légèrement modifiée
afin que l’immense Tom
Selleck puisse s’y loger.
Sans intérêt réel, notons également les
trois Ford des filles dans « Charlie’s Angels » (1976-81,
« Drôles de Dames »
en français), la seule voiture digne d’intérêt (et encore!) étant le coupé
Mustang Cobra II 1976 blanc de Jill et Kris Munroe (Farraw Fawcett
et Cheryl Ladd).
Restons dans l’ère disco avec les patrouilleurs de « CHiPs »
(1977-83) qui poursuivent les méchants
sur de superbes motos Kawasaki
Z-1 R, le sergent Frank Poncherello (Erik Estrada) possédant quant à lui comme
véhicule privé une Pontiac Trans-Am (achetée
83 dollars) de couleur bronze un rien kitch.
Poursuivons avec la Plymouth
Volaré et la Mini Moke du curieux Monsieur Roarke
(Ricardo Montalban) et du nain Tattoo (Hervé Villechaize, qui s’est suicidé en
1993 alors qu’il avait à peine 50 ans) dans « Fantasy Island »
(1978-84, « L’Île Fantastique » en français) et, plus proche de nous,
avec une des séries phares de la deuxième
partie des eighties: « Miami Vice »
(1984-89, « Deux flics à Miami »
en français). Habillé en Boss et Versace, les détectives James
« Sonny » Crockett (Don Johnson) et Ricardo « Rico » Tubbs
(Philip Michael Thomas) se
farcissent des belles mécaniques
(au sens propre du terme,
cette fois): dans les premiers
épisodes, Crockett roule en Ferrari Daytona Spyder noire (réplique à
châssis et mécanique
de Corvette?) tandis que Tubbs déambule
dans les rues de Miami en Cadillac
Coupé DeVille Convertible 1963 bleue. Plus tard (saisons 3 à 5), c’est à
une Ferrari Testarossa 1984-86 blanche – qu’il aurait récupéré à
la fourrière? – que Crockett donne la réplique.
Revenons un peu dans le temps
avant de passer aux séries européennes… David Vincent les a vus… Dans le premier
épisode de « The Invaders » (1967-68, « Les
Envahisseurs » en français), le héros contrarié (incarné par Roy Thinnes)
circule à bord d’une Ford Galaxie 500 Convertible 1966, alors
que, dans les épisodes suivants, ces curieux personnages venus d’ailleurs
rôdent à bord d’une Ford Fairlane et d’une Lincoln Continental.
De 1967 à 1975, Joe Mannix (interprété par Mike Connors dans la série « Mannix »)
a l’opportunité de rouler dans diverses autos: pendant la première
saison, il roule dans une très originale Oldsmobile
Toronado 1966 grise transformée en
convertible pour l’occasion; il conduit des Dodge Dart (millésimes 1968
et 1969) lors des deuxième et
troisième saisons, des Plymouth
Barracuda Convertible (millésimes 1970,
71 et 72) lors des saisons 4, 5 et 6, une Dodge Challenger
Coupé Hardtop 1973 lors de la septième
saison, pour prendre sa retraite bien méritée
en 1975 au volant d’une Chevrolet Camaro.
Retenons encore les Ford Mercury très « classe » du détective
Steve McGarrett (Jack Lord) dans la série « Hawaii Five-O »
(1968-80, « Hawaii Police d’Etat » en français). Trois modèles
furent utilisés durant la vie de la série: d’abord une Parklane Brougham 4-door
hardtop V8 428 c.i. 1968, une Marquis 2-door 1967 à
intérieur rouge, et enfin, à partir de 1974, une Marquis Brougham 4-door
hardtop 1974. Jack Lord meurt en
1998 à l’âge de 78 ans des suites de problèmes
cardiaques aigus.
Clôturons ce chapitre avec « The Love Bandit », la Ford Sedan 1952 « Hot
Rod » – acquise illégalement –
et vendue pour $200 par Fonzie à Richie Cunningham dans
l’épisode 18 de « Happy Days » (1974-84, « Les Jours
Heureux » en français).
Les séries télévisées britanniques
En Europe, outre manche,
les séries cultes ne manquent
pas. Les principales d’entre elles incorporent certaines voitures fétiches dans
leur distribution.
Au numéro un du
box-office, on retrouve la Volvo P1800 1961-69 de Simon Templar
dans la première
série de « The Saint » (1962-69, « Le Saint » en
français). Outil de merchandising
pour la firme
suédoise au Royaume Uni
et sur le continent, le charmant
petit coupé blanc immatriculé
« ST 1 » sied à merveille
avec le héros qui, et c’est un comble, ne
roule pas en anglaise (Jaguar ayant décliné la proposition des producteurs
d’ITC à l’époque!). Lacune comblée
dans la deuxième série
(1978-80) où le pâle Ian Ogilvy (succédant à Roger Moore) roule en Jaguar
XJS V12 1977 blanche.
Roger Moore, actif également
dans la série « The Persuaders » (1971-72, « Amicalement
vôtre » en français) dans le rôle de Lord Brett Sinclair, roule dans une Aston
Martin DBS 6 cylindres 1967-72 de couleur caramel immatriculée
« BS 1 ». Son acolyte, l’homme
d’affaires américain
Daniel « Danny » Wilde (Tony Curtis) se déplace quant à lui à bord
d’une racée Dino 246 GT 1969 de couleur « soupe aux tomates ».
Toujours dans la même
série, pour l’anedocte, on trouve la Rover P5B 1971 blanche du
Juge Felton (Laurence Naismith).
Produite en 1967-68 par Patrick McGoohan, qui y tient d’ailleurs le rôle
d’acteur principal (il est le « numéro
6 »), la série « The Prisoner » (« Le
Prisonnier » en français, 17 épisodes) est l’une des plus intéressantes et
des plus avant-gardistes de sa génération. On y aperçoit furtivement
McGoohan conduisant une Lotus Super Seven Mk VII 1960 dans une
livrée classique: british racing green avec bandeau jaune entourant le museau.
Au « village », de nombreuses
Mini Moke blanches sont utilisées par les habitants comme
taxis.
De grands collectionneurs d’autos (toutes anglaises, évidemment)
furent l’agent John Steed du MI-5 (interprété par Patrick Macnee) et ses charmantes
et sportives partenaires au cours des 7 saisons (britanniques) et 161 épisodes
de « The Avengers » (1961-69, « Chapeau Melon et Bottes
de Cuir » en français). De 1961 à 1969, Steed change régulièrement de monture.
Avec la classe – un peu surfaite – du gentleman, il
roule majoritairement en Bentley
Vintage de différents modèles
et millésimes: 3
litre 1926, Speed-Six 1926 (la plus utilisée), Green Label 1928,
4½ litre 1930. On le verra également au
volant d’une Vauxhall 30/98 et d’une Lagonda 1930, mais
aussi à celui d’une Rolls-Royce Silver Ghost 40/50 1923 et de sa
petite cousine New Phantom Tourer
MkI 1927. Plus modernes,
utilisées dans quelques épisodes seulement, on
trouve une rare AC Greyhound 1959-63, une populaire Triumph
Herald 1959-67, et surtout une rarissime AC
428 « Spider » 1965 de couleur marron,
premier exemplaire
d’une série de 20 produits à Turin par Pietro Frua. Steed la cèdera vite à la
délicieuse Tara King (interprétée par Linda Thorson, 1968-69). Les charmantes
partenaires de Steed se déplacent toujours en voiture de sport: Catherine
« Cathy » Gale (interprétée par Honor Blackman de
1962 à 1964 – que l’on retrouve dans « Goldfinger » dans le rôle de
Pussy Galore) a droit à une MGA Roadster Mk II 1961-62 jaune pâle tandis
qu’Emma Peal
(incarnée par Diana Rigg de 1965 à 67) roule en Lotus Elan S2 blanche de
1964 puis en Lotus Elan S3 bleu métallisé
de 1966. Outre l’AC 428 Spider, Tara King utilise une Lotus Elan +2
1968 rouge lors d’un seul épisode, mais
également et surtout
une Lotus Europa S2 1967 rouge.
Dans la seconde série (« The New Avengers », 1976-77, deux saisons
de 13 épisodes), Steed est épaulé par la ravissante Purdey (Joanna Lumley) et
par le séduisant Mike Gambit
(Gareth Hunt). De cette série, on ne retiendra que l’intéressant Coupé
Jaguar XJ12C 5.3 body-buildé de Steed.
Plus récemment, le
très cultivé Chief Inspector Morse (interprété par l’excellent John Thaw,
décédé en 2002 de suites d’un cancer de l’oesophage) se déplace dans sa région
d’Oxford en Jaguar Mk II 2.4 litre 1960 bicolore (carrosserie
rouge foncé et toit en vinyl noir) immatriculée
« 248 RPA » (série: « Morse », 33 téléfilms de
1987 à 2000). Au Royaume Uni,
cette auto est quasiment
aussi célèbre que le coupé Volvo du Saint.
Terminons en mentionnant
la Chrysler Imperial
Crown 1966 de Britt Reid (« The Green Hornet »,
dans la série du même nom,
1966-67) et de son assistant Kato (Bruce Lee), la Jensen CV8 Mk III
1965 immatriculée
« BAR 1 » du « Baron » John Mannering interprété par Steve
Forrest (série « The Baron », 1966-67), et l’implacable
Austin Mini vert pomme à
capot noir de Mr Bean (Rowan Atkinson).
“My
name is Bond… James Bond”
L’agent secret 007 de Ian Fleming est
la première personne à
qui l’on pense lorsqu’il s’agit de trouver un héros de film ayant
un partenariat privilégié avec sa voiture. Et la voiture associée à Bond – même s’il
en eut quelques unes au cours de l’histoire – est l’Aston Martin DB5 1964 gris
métallisé qui apparaît pour la
première fois dans
« Goldfinger » (1964).
De « Dr. No » à nos jours, tentons de lister les voitures ou
véhicules « phares » ayant meublé
la vie agitée de l’espion britannique du MI-6.
Dans « Dr. No » (1962), Sean Connery (le premier James Bond
de l’histoire) est au volant d’une Sunbeam Alpine 1961
bleue sur une petite route montagneuse
de Jamaïque lorsqu’il
est pris en chasse par des méchants
à bord d’une Packard d’avant-guerre - ladite Packard terminant
finalement et logiquement sa
route dans le ravin. Outre la Sunbeam,
notons la belle Chevrolet Bel Air Convertible 1957 noire conduite
par un pseudo chauffeur attaché au gouvernement
réceptionnant Bond à sa sortie de l’aéroport de Kingston.
Tout au début de « From
Russia, With Love » (1963, « Bons baisers de
Russie »), Bond apparaît au volant d’une Bentley 4½ litre Sports Tourer
chère à Ian Fleming.
Plus tard, il est convoyé dans Istanbul dans une Rolls Royce Phantom V 1959 noire
ainsi qu’à bord d’une Ford Fairlane Station Wagon 1960.
Vient ensuite la référence « Goldfinger » (1964). Après
quelques hésitations de la part de la production, décision est prise pendant
une visite à l’usine Aston Martin de Newport Pagnell: c’est la puissante
DB5 Coupé gris métallisé
(« silver birch ») immatriculée
« BMT 216A » qui va accompagner
Bond durant une bonne partie du film.
L’auto est truffée de gadgets tels l’écran pare-balles en acier protégeant la
lunette arrière, le nuage de fumée se
dégageant des pots d’échappement,
trois différentes plaques minéralogiques
(Grande-Bretagne, France et Suisse), un dispositif crachant de l’huile du bas
de la face arrière, des scies circulaires sortant des jantes, des mitraillettes
cachées derrière les feux de position avant, un écran radar caché dans la
console centrale, et surtout le fameux
siège éjectable et sa partie de toit amovible.
Prise en chasse par une armada de Mercedes
220 Saloon noires, elle termine –
temporairement – sa
carrière dans un mur.
Quatre véhicules furent construits: deux furent utilisés pour le film, les
deux autres pour la promotion.
Un autre véhicule emblématique
du film est la Rolls
Royce Phantom III 1937
noire et jaune d’Auric Goldfinger (Gert Fröbe) conduite par Oddjob, son curieux
valet asiatique. Pour l’anecdote, au début du film, Bond
est pris en charge à l’aéroport par Oddjob et conduit au ranch de Goldfinger en
Ford Country Squire Station Wagon 1964 rouge avec panneaux
latéraux en imitation
bois. On retrouvera encore la DB5 dans « Thunderball » (1965)
– où Bond est poursuivi par la Ford Skyliner 1957 noire d’un agent de
SPECTRE, dans « GoldenEye » (1995) et dans « Tomorrow
Never Dies » (1997, « Demain ne meurt jamais »).
Dans « Thunderball » (1965), outre la DB5, notons la Lincoln
Continental 4-door Convertible 1956 bleue à toit blanc utilisée par 007 comme
voiture de location.
Au salon de Tokyo 1965, Toyota crée la surprise en dévoilant le coupé 2000
GT: 2 litres, 6 cylindres en ligne, double arbre à cames,
boîte de vitesses à 5 rapports, 4 freins à disque, 4 roues indépendantes, 150
CV, 220 km/h.
Environ 350 exemplaires
sont produits de 1965 à 1967. En 1967, en deux semaines
de temps, deux 2000
GT « roadster » furent spécialement
créées pour le film
« You Only Live Twice » (1967, « On ne vit que deux
fois ») afin de pouvoir y loger le grand acteur écossais et faciliter les
prises de vue. Equipés également de
gadgets (notamment des
caméras planquées
derrière les porte-plaque avec retransmission
sur écran couleur dans l’habitacle, et un téléphone sans fil), ces deux
cabriolets 2000 GT sont des pièces de musée,
au même titre
que l’Aston DB5 et que la Lotus Esprit 1977.
En 1969, on a déjà droit au 5ème film
relatant les aventures de James
Bond: « On Her Majesty’s Secret Service » (« Au service
secret de sa majesté »).
C’est l’acteur australien George Lazenby qui succède à Sean Connery en tant que
007. Ce sera un one shot. Au début du film, Bond
sauve sa future épouse (interprétée par Diana Rigg alias Teresa Di Vicenzo) en Aston
Martin DBS 6 cylindres 1969 vert foncé. On retrouve Teresa dans quelques
séquences du film au
volant d’une superbe Ford Mercury Cougar Convertible 1968 de
couleur rouge. Teresa sera abattue d’une balle dans la tête, les coups de feu
provenant de la Mercedes 600 Limousine du
terrible Ernst Stavro Blofeld (interprété pour l’occasion par Telly Savallas)
et étant l’œuvre de la néfaste Irma Bunt
(Lise Steppat).
Sean Connery reprend le flambeau en
1971 pour la dernière fois dans « Diamonds
Are Forever » (« Les diamants
sont éternels »). La première
voiture significative du film est la
Triumph Stag
V8 1970 de couleur « cumin »
de Peter Franks (interprété par Joe Robinson). Un autre véhicules marquant
le film est le Moon
Buggy avec lequel Bond s’échappe d’une usine et traverse une partie du
désert pour rejoindre Las Vegas.
« Live And Let Die » (1973, « Vivre et laisser mourir »)
est le premier film de
Roger Moore dans la peau de 007. Il y en aura 6 autres. Dans ce film, rien
de grandiose n’est à se mettre
sous la dent en ce qui concerne les belles autos, si ce n’est l’une ou l’autre Chevrolet
Impala et une
Mini Moke. Retenons la course folle du bus à impériale
conduit par Bond, tentant d’échapper – en compagnie
de la délicieuse « Solitaire » (Jane Seymour) –
aux sbires du Dr. Kananga.
Un an plus tard sort
« The Man With The Golden Gun » (1974, « L’homme au pistolet d’or »). La
scène à ne pas manquer
est la grosse cascade du film: Bond,
au volant d’une AMC Hornet 1974 rouge, saute un large canal de
Bangkok à partir de la rampe d’un
pont détruit, la voiture faisant un « 360 degrés » latéral avant de
retomber sur l’autre
berge. A noter l’AMC Matador transformée en
avion de Francisco Scaramanga
(incarné par Christopher Lee) et la MGB jaune de Miss Mary Goodnight
(Britt Ekland).
En 1977, dans « The Spy Who Loved Me » (« L’espion qui m’aimait »),
la véritable vedette n’est ni Roger Moore, ni Curt Jurgens (alias Karl Stromberg) mais
bien… la Lotus Esprit blanche de 007 qui se convertit en sous-marin.
Millésime 1977,
livrée en Sardaigne par « Q » (Desmond
Llewelyn, décédé en 1999 dans un accident de la route à l’âge de 85 ans, 17 films à son
actif), Bond l’utilise d’abord pour échapper aux hommes de
Stromberg, avant de
plonger dans l’océan. En plus d’être un sous-marin,
elle est équipée de gadgets tels un écran de fumée
(terre et mer), un
périscope, des torpilles, missiles
et autres mines.
Au box-office, elle arrive presque à la hauteur de l’Aston Martin DB5.
Après l’épisode « Moonraker » de 1979, on retrouve encore la
Lotus Esprit, mais en
version Turbo cette fois, dans « For Your Eyes Only » (1981,
« Rien que pour vos yeux »). La blanche s’auto-détruira sur l’ordre
de Bond. L’autre, rouge, surmontée
de 2 paires de skis, ne joue aucun rôle signifiant. Par contre, la Citroën 2
CV jaune de la belle Melina Havelock (incarnée par Carole Bouquet) se fait
bien remarquer par sa
course folle et ses tonneaux alors que Bond et Melina tentent d’échapper aux
vilains.
Rien de bien intéressant dans « Octopussy » (1983) si ce n’est
la Mercedes 600 Pullman (à 6
portes et 3 rangées de sièges) et la Rolls-Royce Phantom III de Kamal Khan
(incarné par Louis Jourdan).
De « Never Say Never Again » (1983, « Jamais
plus jamais ») à
« Die Another Day » (2002, « Meurs un autre jour »), peu
est à raconter. Dans « Never Say Never Again », l’excentrique
Fatima Blush
(Barbara Carrera) est au volant d’une intéressante Renault 5 Turbo 2
rouge de 1983, et les agents de SPECTRE poursuivent 007 à bord de Chevrolet
Camaro SS
1981.
Dans « A View To a Kill » (1985), on remarque
la Rolls-Royce Silver Cloud 1962 de Tibbet, qui est en fait la
voiture personnelle du producteur « Cubby » Broccoli himself.
Timothy Dalton (le
4ème James
Bond) utilise deux Aston Martin V8 1984 dans « The Living
Daylights » (1987): une décapotable « Volante » et
une « Vantage » fast-back truffée de gadgets (réacteur, pneus
à clous, vitres pare-balles, radio-espion, rockets, lasers latéraux…) lui permettant
de s’enfuir de Bratislava avec la belle violoniste Kara Milovy (Maryam d’Abo)
en traversant notamment un
lac gelé. La voiture s’auto détruira à la fin de la poursuite.
La dernière génération de films –
avec Pearce Brosnan dans le rôle de 007 – est envahie par le merchandising:
d’abord BMW et ensuite le Groupe Ford financent chaque film en
introduisant certains modèles
phares tels les modernes
BMW Z3 et Z8, Aston Martin Vanquish et Jaguar XKR
convertible. De la belle auto, c’est sûr, dont on reparlera dans 20 ans!
Les road movies
« Road movie »:
expression désignant un genre cinématographique
où le lieu de l'intrigue est la route elle-même et
pas les lieux qu'elle traverse. En voici quelques uns des plus intéressants.
Commençons
par un coup de cœur… En 1991 sort sur les écrans « Thelma &
Louise », mis en
scène par Ridley Scott. Voulant quitter leur Arkansas ennuyeux pendant un
week-end, les copines Thelma
Dickinson (Geena Davis) et Louise Sawyer (Susan Sarandon) partent
« prendre l’air » à bord de la Ford Thunderbird Convertible 1966
verte de Louise. Thelma, sous
l’emprise de
l’alcool, est presque violée sur un parking de dancing lorsque Louise abat son
agresseur d’un coup de feu. N’ayant « plus rien à perdre », les deux
femmes
décident de fuir de façon chaotique vers le Mexique. Malgré l’empathie
du policier chargé de l’enquête, finalement
cernées par la police, elles préfèrent la mort comme
issue.
En 1971, Steven Spielberg réalise son premier
« gros » film, mettant
en scène le représentant de commerce
David Mann (Dennis Weaver) traversant le désert californien à bord de sa peu
fiable Plymouth
Valiant 1970 rouge, et un terrible camion-citerne
Peterbilt 351 1956 spécialement
choisi pour sa laideur et sa proue agressive. Poursuivi pendant tout le film on ne
sait pour quelle raison par ce camion
tueur (dont on n’aperçoit jamais le
visage du chauffeur), Mann réussit finalement à
le faire plonger dans le ravin. « Duel » fut couronné par le
Grand Prix du 1er Festival du Film
Fantastique d’Avoriaz en 1973.
Dans un tout autre registre, dans « Le Corniaud » (de Gérard
Oury, 1965), l’homme
d’affaires Léopold Saroyan (Louis de Funès) propose à Antoine Maréchal
(Bourvil) de ramener la
Cadillac DeVille Convertible 1964 blanche d’un « ami »
américain de Naples à Bordeaux
pour se faire pardonner d’avoir ruiné ses vacances après avoir embouti
sa Citroën 2CV avec sa Rolls Royce Silver Cloud 1964. Le
chargement de la
Cadillac étant précieux et inconnu de son chauffeur occasionnel, Saroyan
escorte discrètement la
voiture pendant tout le voyage à bord d’une Jaguar Mk II 1963
verte, tout comme
Mickey « le bègue » (Venantino Venantini) – membre
d’une organisation parallèle tentant de dérober la Cadillac – dans son Austin
Healey 3000 1961 rouge. Sans oublier la présence de la petite Autobianchi
Bianchina Eden Roc jaune du coiffeur sicilien jaloux. Bourvil s’éteint en
1970, à l’âge de 53 ans, des suites de la Maladie de Kahler (maladie
de la moelle osseuse
entraînant la formation
de tumeurs osseuses).
Louis De Funès succombe à
une attaque cardiaque en janvier 1983 à l’âge de 69 ans.
Ayant saisi l’opportunité d’étaler ses dons dans un clinique de chirurgie
esthétique de Los Angeles, Ben Stone (incarné par Michael J. Fox) quitte New
York et traverse les Etats-Unis à bord de son Speedster Porsche 356A 1957-59
bordeaux (« Doc Hollywood », 1991, de Michael
Caton-Jones). Arrivé dans le conté de Grady, il est condamné à
quelques heures de travail d’intérêt commun à
l’hôpital du village par le juge local suite à un accident de la route. Il tombe
finalement amoureux
de la région et de la charmante
conductrice d’ambulance
locale. L’acteur Michal J. Fox souffre depuis quelques années de la maladie
de Parkinson.
En 1969, « Easy Rider » de et avec Dennis Hopper est l’emblême de la
génération hippie des sixties. Au guidon de leurs deux « Choppers » (Harley
Davidson Panheads 1951 modifiées),
« Captain America »
Wyatt (Peter Fonda) et Billy (Dennis Hopper) se rendent au carnaval de la
Nouvelle-Orléans avant de traverser l’Amérique
(profonde) en compagnie
de George Hanson (Jack Nicholson). Sur leur route, ils rencontrent une communauté
hippie, mais ils
sont surtout les témoins
des bassesses d’une grande partie de la population par rapport à l’évolution
des mœurs et des modes de
vie. Ils seront assassinés par des « Red Necks ».
Lorsqu’il apprend le décès de son père, Charlie Babbitt (incarné par Tom Cruise
dans « Rain Man », 1988) se rend en Ohio pour les formalités
d’héritage. Sur place, il apprend que son père a légué sa fortune à son frère
Raymond (Dustin
Hoffmann) atteint
d’autisme. Comme seul
héritage, il reçoit une superbe Buick Roadmaster 1948-49
de couleur « crème »,
dans laquelle il emmènera
son frère et apprendra à l’aimer.
1971, en plein dans l’ère des « Muscle Cars ». Richard C. Sarafian
réalise « Vanishing Point » (« Point limite
zéro » en français) mettant
en scène un ancien flic pilote de course nommé
Kowalski (interprété par Barry Newman).
Devenu livreur de voitures à Denver, il doit livrer une belle Dodge
Challenger RT/10 1970 blanche à San Francisco en moins de
15 heures. Il tente le pari de traverser une partie des USA à grande vitesse.
Poursuivi par une armada de
policiers et aidé par un DJ aveugle excentrique répondant au surnom de
« Super Soul », l’aventure se termine
tragiquement. A
noter, la présence dans le film de
quelques belles autres américaines.
Dans « Les Valseuses » (1974, de Bertrand Blier), les deux
crapules que sont Jean-Claude (Gérard Depardieu) et Pierrot (Patrick Dewaere)
sillonnent les routes de France – en compagnie
de Marie-Ange, une jeune coiffeuse frigide interprétée par Miou-Miou – en y
répandant délinquance et violence. De port en port, ils voleront, emprunteront
ou utiliseront diverses autos telles une Citroën 2CV 1958 grise, une Citroën
DS 23 1973 verte, une Ford Falcon Sedan 1960 bleu-vert, une Citroën
Traction, une Morgan 4/4 blanche et même une Rolls-Royce
Corniche. Patrick Dewaere se suicide en 1982 alors qu’il n’a que 35 ans.
Terminons la
rubrique avec un des plus célèbres et spectaculaires road movies.
Les mots ou
expressions « Interceptor », « Aigle de la Route »,
« Désert », « Poursuite », « Violence » et
« Lignes droites interminables »
rassemblés évoquent
un seul prénom: Max.
En 1976, Byron Kennedy et George Miller dirigent la pré-production du premier film d’une
triologie australienne: « Mad Max ». Sorti en 1979, ce film=
> à
petit budget devient un culte, mettant
en scène un policier idéaliste au sang-froid nommé Max
Rockatanky, patrouillant sur les highways désertiques en essayant d’y faire
régner une relative tranquillité malgré
les motards fous qui
y sèment la panique.
Piqué au vif par Goose (surnommé
« Le Gorille » en français), l’ami et
collègue de Max, les hors-la-loi s’en prennent à lui et surtout à la famille de
Max après que ce dernier ait causé la perte de leur leader, « The
Nightrider ». Animé par
le désir de vengeance, Max reprend du service au volant de l’autre vedette du
film: « l’Interceptor »,
une Ford Falcon Coupé XB GT V8 351 c.i. 1973 noire totalement modifiée
pour la circonstance – les modifications
majeures concernant la face avant
spécifique, l’impressionnante
protubérance mécanique
sortant du capot, et des appendices aérodynamiques
supplémentaires. A
côté de l’Interceptor, voici une liste de voitures (pour la plupart modifiées)
que l’on retrouve dans le film: Ford
Falcon XB Sedan V8 302 c.i. 1974 jaune (« Pursuit », utilisée par
des patrouilleurs de la MFP), Ford Falcon XA Sedan 6 cyl. 1972
jaune (« Interceptor », utilisée par des patrouilleurs de la MFP), Ford
Falcon XB Sedan V8 351 c.i. 1974 jaune (« Interceptor », utilisée
par Max et Goose), Holden HQ LS Monaro 2-door 1972 (conduite par
le « Nightrider » - « l’Aigle de la Route » en français), Chevrolet
Impala 1959
Hot-Rod (détruite à coups de haches par le gang de Toe-Cutter), et le van/break
Holden HJ Sandman 1975
rouge de la famille
Rockatansky.
Né aux USA, australien d’adoption, repéré par hasard par les producteurs, Mel
Gibson interprète là son premier film. Deux
autres « Mad Max » suivront.
Dans « Mad Max 2 – The Road Warrior » (1981), Max aide une
petite communauté
à se défendre contre une armada de
dingues motorisés
assoiffés de carburant dans un décor post-guerre nucléaire. On retrouve un
série de véhicules curieux aux côtés de l’Interceptor : (Ford) LTD
Landau Coupé V8 (poursuivant l’Interceptor), camion Mach
R600 Coolpower (conduit par Max pour faire diversion), le Gyrocopter de
« Captain Gyro » (sorte de petit hélicoptère piloté par un curieux
personnage), l’énorme et
curieux véhicule découvert bimoteur
de l’affreux « Papagallo », diverses Ford australiennes customisées
ou non (Fairlane et Falcon), plusieurs Valiant Charger VH
Coupé dont une « 1973 » qui terminera
sa carrière après un saut de l’ange, et une série d’utilitaires Ford F100
transformés à
gogo.
Dans « Mad Max 3 – Mad Max Beyond Thunderdome »
(1985), les véhicules ont perdu leur place privilégiée et rien de bien excitant
n’est à relater dans ce domaine. A
noter que dans les trois films, la majorité
des motos sont des Kawasaki
modifiées.
Les grands classiques
Si les Road Movies passent pour
être naturellement un
genre cinématographique
où les véhicules occupent souvent une place de premier
choix, il arrive aussi que des classiques incontournables du grand écran mettent
un ou plusieurs véhicules en exergue. Ceci devenant une évidence quand le merchandising
y joue un rôle stratégique.
Certaines voitures sont elles-mêmes les
« personnages » principaux. En 1983, sur base du livre de Stephen
King portant le même nom, John
Carpenter réalise « Christine ». Christine est une Plymouth
Fury 2-door 1958 rouge et blanc qu’un adolescent (Arnie Cunningham,
incarné par Keith Gordon) entreprend de restaurer pour l’idolâtrer ensuite. Une
vraie complicité
démoniaque
s’installe entre cette voiture ensorcelée et son propriétaire, aux détriments
des amis d’Arnie.
Avec suspense et horreur au menu.
En 1968 commence
une mini-saga. Celle
d’ « Herbie » (« Choupette » en français).
« Herbie » est une Volkswagen Coccinelle Sedan 1963 animée
d’une âme bienfaitrice.
« The Love Bug » (1968, « Un amour de
Coccinelle ») est le premier film –
produit par Disney – à mettre
en scène la petite voiture blanche (« pearl white » est la dénomination
exacte de la teinte). Elle est la possession d’un jeune pilote de course en
quête de victoires et d’affection (interprété par Dean Jones, alias Jim
Douglas). Avant de participer à sa première
course, elle reçoit – pour toujours – son célèbre numéro 53.
Bon nombre de belles
voitures meublent
la scène: Ferrari 250 GT, Lamborghini
400 GT, Jaguar Type E, Triumph TR4 etc.
ainsi que la « Thorndike Special » jaune à bande noire, bolide
appartenant à un rival direct d’Herbie et de son équipage, et qui n’est en fait
qu’une (Buick) Apollo 3500 GT propulsée par un V8 d’origine Buick.
Quatre autres films
(« Herbie Rides Again » en 1974, « Herbie Goes to
Monte-Carlo » en 1977, « Herbie Goes Bananas » en 1980,
« Herbie : Fully Loaded » en 2005) et le téléfilm
« The Love Bug » (1997) suivront, manifestement moins
bouillants que l’original. A noter la liste d’autos intéressantes dans « Herbie
Goes to Monte-Carlo »: BMW 3.0 CS, Lancia Beta Monte-Carlo,
Fiat Dino Coupé, Lancia Stratos, Lancia Fulvia Zagato, Lotus
Elan, Porsche 911, Datsun 260 Z, Renault Alpine A310
etc. Pour l’anecdote, dans « Herbie : Fully Loaded »,
notre VW tente la compétition
en NASCAR et est confrontée aux Dodge Stratus, Chevrolet Monte-Carlo,
Pontiac GTO et autres Ford Taurus dans leur version « châssis
tubulaire ». No comment.
Lorsqu’on entend Simon et
Garfunkel chanter « And here is to you, Mrs Robinson, Jesus loves you more
than you will know, wow wow wow, yeh yeh yeh », on ne peut
s’empêcher de
penser à Benjamin
« Ben » Braddock (Dustin Hoffmann)
installé au volant de son Alfa Romeo
Duetto Spider 1966 rouge dans « The Graduate »
(1967, réalisé par Mike Nichols, « Le Lauréat » en français), tentant
de rejoindre Elaine, de qui il est amoureux.
Mettant en scène un jeune diplômé de
l’université (Ben) devenant l’amant de
la femme d’un
ami d’affaires de son père (Mrs
Robinson, incarnée par Anne Bancroft), le film a
défrayé la chronique chez les américains
puritains de l’époque. Tombé amoureux
d’Elaine, la fille de Mrs Robinson, il plaque alors sa maîtresse
plus âgée, qui révèlera l’histoire à leur entourage et plongera le jeune
Braddock dans une situation bien embarrassante.
L’actrice italo-américaine
Anne Bancroft décède le 6 juin 2005 des suites d’un cancer de l’utérus.
En 1985, Robert Zemeckis
produit « Back To The Future », premier film de la
trilogie bien connue mettant
en scène un étudiant des sixties assez banal (Marty McFly, incarné par Michaël
J. Fox) et son curieux ami le
Docteur Emmett
Brown (« Doc », interprété par Christopher Lloyd). McFly sillonnera
le passé et l’avenir à bord d’une DeLorean DMC-12 transformée par
« Doc » en machine
à traverser le temps.
Avec le plein d’anecdotes à la clef.
Lorsque Jake Blues (John Belushi) sort de prison, son frère Elwood (Dan
Aykroyd) et lui rendent visite à l’association chrétienne qui les a élevés.
L’orphelinat ayant perdu le soutien financier de l’Eglise, « The Blues
Brothers » (1980, réalisé par John Landis) tentent – en onze jours –
de reformer leur
groupe de blues et de donner des concerts afin de rassembler
les cinq mille
dollars nécessaires au payement de
taxes foncières et ainsi éviter la disparition de leur
« institution ». Tout au long de cette « Mission From
God » pleine d’embûches,
Jake et Elwood se déplacent dans Chicago au volant d’une Dodge Monaco Sedan
1974 noir et blanc achetée à la Police de Mount Prospect. On retrouve dans
ce film très mouvementé
une belle brochette d’acteurs-chanteurs-musiciens
vedettes tels James
Brown, Ray Charles, Aretha Franklin, John Lee Hooker ainsi que Cab Calloway
conduisant un curieux véhicule funéraire, une Cadillac S&S « flower
car » noire, fabriquée sur un châssis rallongé et exclusivement par
la firme Hess &
Eisenhardt. A noter également la
présence d’une Cadillac Fleetwood 1967 rose foncé « taguée »
au nom des Blues
Brothers. L’acteur John Belushi meurt le
5 mars 1982 d’une
overdose accidentelle.
Dans « La Dolce Vita » (1960, de Federico Fellini, Palme d’Or
à Cannes), un reporter romain
(incarné par Marcello Mastroiani) mène une
vie de playboy, et découvre, en suivant la vie scandaleuse des stars, le doux monde de
la haute société. L’histoire se déroulant à la fin des fifties à Rome, on y
retrouve de nombreuses
voitures populaires (Autobianchi Bianchina, Fiat 500 Topolino, 1100
et 1400, Alfa Romeo 1900…) ou
de prestige (Ford Thunderbird 1958, Cadillac Series 62 1958, Chevrolet
Corvette 1958, Jaguar XK150 1957, Lancia Flaminia…)
ainsi que la Triumph TR3A
1959 conduite par le beau Marcello. Marcello Mastroiani
décède en 1996 des suites d’un cancer du pancréas.
Dans le violent « Heat » (1995, de Michael Mann, avec Al
Pacino, Robert De Niro et Val Kilmer), on
aperçoit furtivement une
belle Mercury Cougar Coupé 1968 rouge brique sur un parking lors du
braquage de la banque. Un des gangsters possède une Chevrolet Camaro jaune
des seventies.
Quant au classique des classiques (« The Godfather », 1972, de
Mario Puzo et Francis Ford Coppola), mettant
en scène les Corleone, une famille mafieuse
italienne de New York, il propose naturellement la
panoplie traditionnelle des grosses américaines
de l’époque (Buick, Cadillac, Chrysler, Imperial,
Packard et Lincoln) dont la Chrysler Imperial
Crown 1954 noire de Don Vito Corleone (Marlon Brando) et la Lincoln
Continental 1941 noire de Santino Corleone (James
Caan), ainsi qu’un époustouflant coupé Alfa Romeo 6C
2500 1946, noir également.
Le
cas Batman
Sujet très particulier à traiter que le cas de Batman…
Super héros existant depuis plus de 50 ans, Bruce Wayne, le justicier à l’emblème de
chauve-souris, a possédé divers véhicules plus surprenants les uns que les
autres. Pièce incontournable, la Batmobile a connu
différents visages. Dans les « comics »
des années 40, Batman
utilise une puissante berline américaine
noire de marque
inconnue. Dans les épisodes projetés de 1966 à 1968 sur les petits écrans américains,
Batman (alors
incarné par Adam West)
poursuit les méchants
(« The Joker », « The Riddler » et « The
Penguin ») dans Gotham City
en utilisant un concept car Lincoln Futura 1955 construit par
Ghia et modifié
par George Barris. Propulsée par un moteur
Ford de compétition
à double turbo de 429 c.i., cette auto est équipée de gadgets surprenants:
systèmes anti-vol,
téléphone, caméras,
siège éjectable commandé à
distance, écran pare-balles, parachutes pour freiner la course de l’engin,
laser, « ouvre-boîte », divers outils de détection etc. Quelques exemplaires
de ce monument
furent construits dont trois sont en la possession de George Barris himself.
Seul le premier exemplaire
repose sur un châssis de Futura, les autres ayant été construits sur des
châssis un peu rallongés. Environ 25 répliques ont
été construites, variant par leur taille et les matériaux utilisés.
En 1989, pour la première
fois au cinéma, Batman
(incarné par Michael Keaton) utilise une énorme
voiture à réaction. Cette auto fut légèrement modifiée
pour « Batman
Returns » (1992) et « Batman
Forever » (1995, Val Kilmer remplaçant
Michael Keaton). Batman a
également utilisé
d’autres engins tels le Batboat, le Batcopter ou le Batcycle.
Les comédies françaises
Sans vouloir relater la part belle faite aux populaires
françaises des fifties, sixties ou seventies dans le cinéma de
Michel Audiard, Gérard Oury, Jean Girault, Claude Zidi, Georges Lautner et
autres André Hunnebelle pour ne citer qu’eux, les films comiques
français – comme on
les appelle fréquemment –
ont connu dans leur distribution quelques voitures qui ont marqué.
Chronologiquement, en
voici quelques exemples…
Dans « Le cave se rebiffe » (1961, de Gilles Grangier et
Michel Audiard, tourné initialement en
noir et blanc), « Le Dabe » (Jean Gabin) et ses sbires (Franc
Villard, Robert Dalban et Bernard Blier) projettent de fabriquer de la fausse monnaie
en utilisant un « cave » imprimeur nommé
Robert Mideau (Maurice Biraud). A cette époque, ce genre de «
classe sociale » se déplace surtout en américaine.
On retrouve donc – parmi
d’autres – une Cadillac Eldorado Biarritz 1955-56 et surtout la Ford
Thunderbird 1956 conduite par « Le Dabe » à la fin du film. Jean
Gabin meurt d’une
crise cardiaque en 1976 à l’âge de 72 ans.
De 1964 à 1967, Jean Marais (dans les rôles de Fantomâs et
du journaliste Fandor) et Louis de Funès (le Commissaire
Juve) interprètent la trilogie des Fantomâs (d’André
Hunnebelle). Dans le premier film, on
retrouve une Cadillac Series 60 Special 1950 noire escortée par la
police, une superbe BMW 507 1959 grise pilotée par Fandor, la Citroën
DS 19 1963 noire de Juve et la Rolls-Royce Silver Cloud III 1964 de
Fantomâs dévalisant
une banque parisienne de façon subtile.
Dans « Fantomâs se
déchaîne » (1965), une de attractions du film est
pour sûr la Citroën DS 19 1964 blanche qui se transforme en
avion à la fin du film et qui
permet à Fantomâs
d’échapper à Juve. A noter également l’Alfa
Romeo 2600
Spider 1964 rouge d’Hélène, la fiancée de Fandor (Mylène Demongeot).
Lorsque Fantomâs
s’attaque à des écossais fortunés (« Fantomâs
contre Scotland Yard », 1967), Juve est appelé à la
rescousse en Ecosse. A retenir, la Rolls déjà vue dans le premier film et la Ford
T pré-1919 jaune du curieux Godfrey. Jean Marais meurt
d’une crise cardiaque en 1993 à l’âge de 85 ans.
En 1966, Lautner et Audiard s’associent et produisent « Ne nous fâchons
pas ». Au premier
plan, on remarque
une Renault R8 Gordini 1964 menée de
cascade en cascade par l’armateur
et ancien escroc Antoine Beretto (Lino Ventura) et, à ne pas mettre
de côté, la Chevrolet Impala
Coupé 1960 noire de deux vilains hommes en
noir (incarnés par André Pousse et Mick Besson). Lino Ventura est =
foudroyé par
une crise cardiaque en 1987. Il avait 68 ans.
En 1967, Robert Dhéry réalise et interprète « Le Petit Baigneur »,
mettant en scène l’incomparable
Louis De Funès dans le rôle du constructeur de bateaux Louis-Philippe Fourchaume, son
ingénieur naïf André Castagnier (Robert Dhéry lui-même) et
un bel âtre italien (intérprété par Franco Fabrizi) tentant de s’approprier les
services de Castagnier, devenu un inventeur vedette malgré
lui. Côté autos, rien que du bon: Fourchaume roule
en Jaguar Type E Coupé Série 1 1964 noire (dont le capot s’allongera
d’une façon on ne peut plus comique)
tandis que l’Italien conduit une superbe Fiat Dino Spider 2000 1966
bleue. Castagnier quant à lui se contente d’un modeste
scooter Piaggio Vespa rouge et blanc.
Dans « Le Cerveau » (1969, de Gérard Oury), il faut souligner
la présence de la belle BMW 2000 CS 1968 jaune moutarde
de Sofia Scanapiecco (incarnée par Silvia Monti). Lors d’un rendez-vous galant
avec le Colonel Matthews – un gentleman
voleur incarné par David Niven « Le Cerveau » –, une des 2 antennes
électriques de l’auto vient déchirer le gilet du bandit Frankie Scannapieco
(Eli Wallach) épiant sa sœur et son amoureux,
l’autre antenne forçant Anatole (Bourvil) – surveillant quant à lui le colonel
Matthews sur l’ordre d’Arthur (Jean-Paul Belmondo) –
à enlever sa veste. David Niven décède en 1983 des suites de la Maladie de Lou
Gehrig (dégénérescence des cellules du cerveau commandant
bras, jambes,
élocution et respiration).
Michel Clément est
« L’Inspecteur la Bavure » (1980, de Claude Zidi). Aussi maladroit
que tendre, totalement
inexpérimenté,
ce jeune policier (incarné par l’excellent Coluche) est chargé d’escorter une
jeune et riche journaliste (interprétée par Dominique
Lavanant). Il utilise comme
véhicule de tous les jours une Panhard PL17 1959-64 bleu ciel tandis que
le bandit Roger Morzini (Gérard Depardieu) – qui kidnappera la journaliste –
roule dans une belle BMW 3.0 S 1971-77 blanche. Coluche (Michel Colucci)
décède le 19 juin 1986 à 41 ans dans un stupide accident de la circulation
alors qu’il était au guidon de sa moto et
qu’il roulait à faible allure. Pour l’anecdote, en 1985, Coluche avait battu le
record du kilomètre
lancé à moto sur
le circuit italien de Nardo sur une Yamaha 750
OW 31 et à la vitesse de 252,087 km/h.
Dans la catégorie des « avant-guerre », épinglons trois belles
voitures en action dans « L’As des As » (1982, de Gérard
Oury): une Mercedes-Benz 540K (replica) blanche, une Mercedes-Benz
770 Touren Wagen W150 1935 noire et une BMW 328 Wendler Sport 1936-39.
Dans le film, le
boxeur Jo Cavalier (Jean-Paul Belmondo)
tente de sauver une famille
juive de la déportation.
Grandes marques et modèles cultes, pour la plupart américains
Des fifties au seventies, l’Amérique
est productrice de coupés et cabriolets de grande série, dont certains sont
considérés – malgré
leur nombre d’exemplaires
important – comme des
pièces représentatives de l’histoire de l’automobile,
souvent à juste titre. Qu’ils soient muscle-cars
ou pas, en bon état ou pas, ces modèles
furent souvent usités au cinéma.
Pour la marque Pontiac,
les modèles GTO et
Firebird sont les plus représentés.
En 2002, Rob Cohen tente de faire oublier James Bond
en réalisant « xXx », mettant
en scène Vin Diesel dans le rôle de l’agent « triple X » Xander Cage.
Egalement interprété
par Samuël L. Jackson,
le film fut loin
d’avoir le succès escompté.
Notons malgré tout la
présence de la Pontiac GTO Coupé Hard-Top 1967 vert foncé en version
« drag » de Xander Cage. On retrouve le même modèle/millésime mais en
version convertible dans « Charlie’s Angels – Full Throttle »
(2003).
Dans la récente version de « The Punisher » (2004, de Jonathan
Hensleigh, l’histoire étant basée sur les comics de
Marvel), l’agent spécial Frank Castle (incarné par Thomas
Jane) devient justicier après que toute sa famille
ait été exterminée
par une puissante famille de
trafiquants lors d’une réunion de famille à
Puerto Rico. Ayant survécu au carnage, une fois rétabli, Castle part en guerre
contre ladite famille
Saint, dont le fils avait été abattu lors de la dernière mission
de Castle. Dans le film, le
héros utilise une Pontiac GTO 1969. Une AC Cobra Shelby vert
foncé et une Plymouth
Road Runner de couleur « lime »
sont également à
signaler.
Dans « The Devil’s Advocate » (1997, de Taylor Hackford),
Keanu Reeves (alias Kevin Lomax)
incarne un brillant avocat recruté par le puissant homme
d’affaires John Milton (Al Pacino). Véritable incarnation du diable, Milton
fait perdre la tête à Lomax et à
sa superbe épouse Mary Ann (Charlize Theron). Lomax
possède une tout aussi superbe Pontiac Firebird Convertible 1968
bleu-vert.
Toujours avec Keanu Reaves, « The Matrix Reloaded » (2003, de
A. et L. Wachowski) propose quelques poursuites et cascades, l’une d’entre
elles impliquant un Pontiac
Firebird Coupé 1967 noire de très belle facture.
Une plus récente Pontiac Firebird SE 1985 est utilisée par « The
Bride » (Uma Thurman)
dans « Kill Bill Vol. 2 » (2003, de Quentin Tarantino). On
peut également y
apercevoir une magnifique
et rare De Tomaso
Mangusta 1967-71 en background dans le désert, aux côtés
de Bill (David Carradine).
Curieusement, ce
n’est pas la Corvette – une des voitures de sport américaines
par excellence – qui est la plus utilisée des Chevrolet au cinéma, mais
plutôt les modèles
Camaro et Impala.
Dans « After The Sunset » (2004, produit par Brett Ratner),
Pierce Brosnan (alias Max Burdett, un voleur à la retraite) roule dans une très
belle Chevrolet Camaro SS
Convertible 1969 noire alors que dans « Charlie’s Angels »
(2000), Cameron
Diaz (alias Natalie Cook) a le privilège de conduire une rare Chevrolet Camaro SS
Convertible 1969 « Indy 500 Pace Car » blanche à
bandes rouges dont 3675 exemplaires
seulement furent
produits.
Moins sportive, l’Impala ne
manque cependant pas de charme.
Déclinée en sedan, coupé et même en
convertible, on la retrouve dans de nombreux
films américains,
souvent dans des rôles de figurante.
Parmi de nombreuses
autres Chevrolet, c’est une Impala
Coupé 1958 blanche qui est plus que mise en
valeur dans l’excellent « American
Graffiti » de George Lucas (1973), mettant
en scène des étudiants un peu rebelles cherchant véritablement
leur voie (avec Richard Dreyfuss, Ron Howard, Harrison Ford et Bo Hopkins).
En 1983, Brian De Palma
produit le remake de
« Scarface », avec en vedette Al Pacino dans le rôle du truand
cubain émigré
Tony Montana s’étant établi à Miami pour
y dealer de la drogue à grande échelle. On retrouve fréquemment
dans le film une Impala
Convertible 1968 rouge.
Cherchant désespérément
l’ « American
Dream » à
fortes doses d’alcool et de drogue dans « Fear and Loathing in Las
Vegas » (1998, sorte de road-movie de
Terry Gilliam),
Raoul Duke/Hunter S. Thompson
(Johnny Depp) et Dr Gonzo/Oscar Z. Acosta (Benicio Del Toro) traversent l’Amérique
de l’Ouest afin de rejoindre Las Vegas pour soi-disant y couvrir un événement
sportif. Ce, à bord de leur superbe Impala
Convertible 1971 rouge dénommée
« The Red Shark ».
Au cinéma, la marque Lincoln
fut et est souvent représentée par sa célèbre Continental et ses fameuses
portières latérales s’ouvrant face à face. Les rubriques précédentes relatant
d’ailleurs la présence de ce modèle
çà et là. Ajoutons à cela la Continental Limousine
Convertible 1962 dans laquelle parade le président Kennedy avant
d’être abattu (Film:
« JFK », 1991, d’Oliver Stone, avec Kevin Costner dans le rôle
de Jim Garrison, un
policier tentant dangereusement de
comprendre
« autrement »
par qui et pourquoi le président a été assassiné), et la Continental
Convertible 1966 de « Finding Graceland » (1998, road movie de
David Wrinkler) dans lequel un voeuf nommé Byron
Gruman (Jonathan
Schaech) quitte le Nouveau Mexique pour rejoindre Memphis.
Sur son chemin, Gruman
prendra en stop un curieux auto-stoppeur se prenant pour Elvis (Harvey Keitel)
et n’ayant qu’un but: rejoindre Graceland.
Si de nombreux modèles
de Ford apparaissent forcément
dans de nombreux
films – par exemple, la
Falcon Convertible 1962-63 de Rusty Ryan (Brad Pitt) dans « Ocean’s
Eleven » (2001, de Steven Soderbergh), les Galaxie Convertible 1965
et Galaxie 500 XL Convertible 1966 dans « The Long Kiss
Goodnight » (1996, de Renny Harlin), les Hot Rod’s avec notamment la 1932
et la Custom 1937 dans
« American
Graffiti », et la 1948 dans « Grease »
(1978, de Randal Kleiser), ainsi que des T-bird de toutes sortes, la
vraie vedette qu’on retrouve partout est sans aucun doute la Mustang.
Comme au moins
100 films contiennent
la belle américaine
– sous toutes ses formes –
dans leur distribution, vous trouverez ci-dessous une liste forcément
incomplète reprenant
quelques chefs d’œuvre incontournables. La Mustang étant apparue en 1964, la
firme Ford a dû
s’ouvrir aux marchés
français et européen et a utilisé le merchandising.
Pour ce faire, la sportive américaine
est visible des certains films
français « forts ».
En 1966, Claude Lelouch met en
scène « Un homme et
une femme »
(Palme d’Or à Cannes
en 1966, Oscar du meilleur
film étranger et du
meilleur scénario en 1967), magnifique
romance entre Anne
Gauthier (Anouk Aimée) et
Jean-Louis Duroc (Jean-Louis Trintignant). Dans le film, les amoureux,
tous deux veufs, se baladent dans une superbe Mustang Convertible 289 GT
rouge intérieur noir de 1965. Présents également
dans le film, un Coupé
1965 High Perf blanc préparé pour la course, ainsi qu’une GT 40
blanche.
On retrouve encore un modèle
de cabriolet rouge similaire
– mais de 1964 –
deux ans plus tôt dans « Le Gendarme de
Saint-Tropez » (1964, de Jean Girault), dans le coffre duquel se
trouve un tableau de Renoir volé. Le pauvre Maréchal des Logis Ludovic Cruchot
(Louis De Funès) aura toutes les peines du monde à
gérer cette situation cocasse. En 1968, dans « Le Gendarme se marie »
(toujours de Jean Girault), la future épouse de Cruchot – Josepha Le François
(incarnée par Claude Gensac) – conduit bien imprudemment une
Mustang Convertible 1968 blanche.
Le psychopathe Max Cady (Robert De Niro) se présente à son ex-avocat (Nick
Nolte) au volant d’une Mustang Convertible 1965 rouge (encore une), mais
intérieur blanc cette fois, dans « Cape Fear » (1991, de
Martin Scorcese), et lui promet de
lui faire vivre l’enfer.
On retrouve également des
Mustang dans les films de James
Bond. Dans « Goldfinger », la Mustang Convertible 1964
blanche de Tilly Materson (incarnée par Tania Mallet) fait connaissance avec
les scies circulaires de l’Aston DB5 de Bond. Dans « Thunderball »
Fiona Volpe (interprétée par Luciana Paluzzi) ramène 007
à son hôtel à bord de sa Mustang Convertible 1965 bleu ciel à capote
blanche. Et Tiffany Case (interprétée par Jill St. John) prend Bond comme
passager à Las Vegas dans sa Mustang Mach 1 1971 rouge dans « Diamonds
Are Forever ».
Les films à thème
« Gone in 60/Sixty Seconds », que ce soit version originale de
1974 (de et avec H.B. Halicki) ou le remake de
2000 (de Dominic
Sena) font la part belle aux voitures de rêve. Ceci sera relaté un peu plus
loin. Dans les 2 cas, la vedette du film se
prénomme
Eleanor et est une Mustang. Dans le film
original, il s’agit d’une Mustang Fastback 1971 d’une couleur jaune/beige
assez curieuse, maquillée
– pour les besoins du film – afin
de ressembler à
une Mach 1 1973! Dans le remake, on
a affaire à une superbe (réplique de) Shelby GT 500 1967 que Randall
« Memphis »
Raines (Nicolas Cage) doit absolument
voler pour sauver la peau de son frère Kip (Giovanni Ribisi).
Dans « Vanilla Sky » (2001, de Cameron
Crowe), Tom Cruise
(alias David Aames) a
tout pour réussir sans trop forcer. Riche, ami d’une
grande et belle blonde avec qui il a du sexe de temps en
temps (Cameron
Diaz), il devient amoureux
d’une belle brune (Penelope Cruz), et sa vie se transforme en
cauchemar et
incertitudes. Il roule au volant d’une copie de la plus célèbre de toutes les
Mustang, co-vedette d’un super polar de 1968, avec qui nous terminons
ce chapitre. A noter, l’intéressant coupé Buick Skylark GS 350 1970
piloté par Cameron
Diaz herself.
Dans « Point Break » (1991, de Kathryn Bigelow), l’agent
spécial Johnny Utah (Keanu Reeves) est chargé d’enquêter sur un gang de voleurs
dont l’activité principale est le surf . Au début du film, il
débarque en Californie à bord de son Coupé Mustang Boss 1970.
En 1993, Alan J.Pakula produit « The Pelican Brief » avec
Julia Roberts dans le rôle d’une jeune étudiante en droit tentant de découvrir
la vérité à propos du double assassinat de dignitaires de la Court Suprême de
Justice. Le Professeur Thomas
Callahan (incarné par Sam
Shepard) meurt de
l’explosion de son Coupé Mustang 66 rouge foncé.
Terminons en
beauté. En 1968, Peter Yates met en
scène un des meilleurs
films policiers américains
de tous les temps:
« Bullitt », du nom du
Lieutenant Frank Bullitt (interprété par l’époustouflant Steve McQueen),
policier à Frisco, chargé de protéger un témoin
capital à la demande de
la grosse légume
politique locale, Walter Chalmers
(Robert Vaughn). Le témoin
sera assassiné et Bullitt tentera de trouver les coupables ainsi que la ou les
personnes ayant renseigné les tueurs sur l’endroit où était planqué le témoin. Mémorable
est « la » poursuite engagée par Bullitt à bord de sa légendaire Mustang
Coupé Fastback 390 1967 vert foncé, prenant en chasse les tueurs fuyant à
bord d’une Dodge Charger 1968 noire. Inimitable.
Steve McQueen meurt en
1980, à l’âge de 50 ans, des suites d’un arrêt cardiaque quelques heures après
l’ablation d’une tumeur
cancéreuse au poumon.
Les films à thème
Clôturons ce dossier assez
touffu en données avec une dernière rubrique consacrée aux films
spécifiquement
dédicacés aux autos et à la compétition
automobile dans la
plupart des cas ? Ce, chronologiquement et
sans trop entrer dans le détail, les scénarii de cette catégorie de films
n’étant en général pas très poussés.
Dans la comédie musicale
(!) « Viva Las Vegas » (1964, de George Sydney), un jeune
pilote de course nommé Lucky
Jackson (Elvis Presley) doit participer au Grand Prix de Las Vegas. Sa voiture
n’étant pas des plus fiables, il se doit de récolter de l’argent afin de lui
procurer un nouveau moteur.
La voiture du King n’est autre qu’une Elva Mk VI 1962 grise. Parmi les
autres concurrents, on retrouve entre autres une Ferrari 250 GT Tour De
France 1956-59 rouge, une Maserati Tipo 63 1960 blanche, une Mercedes
300 SL Roadster 1957-63 bordeaux, des Corvette, des Jaguar et
la très spécifique Balchowsky Ol’ Yeller Mk II 1959 jaune et noire à moteur
Buick. L’Elva est amenée à
Las Vegas sur un plateau, la voiture tractant la remorque
étant une Ford Fairlane Sunliner 1956 blanche « à flammes
rouges ». Elvis Presley meurt le
16 août 77 suite à de l’arythmie
cardiaque. Il avait 44 ans.
« Grand Prix » est produit en 1966 par John Frankenheimer.
Mettant aux prises deux pilotes de l’équipe Jordan-BRM (James
Garner alias Pete Aron) et (Brain Bedford alias Scott Stoddard), tout bascule
lorsque Aron et Stoddard s’accrochent lors du Grand Prix de Monaco. Stoddard
gravement blessé, le
directeur de l’écurie met Aron
à l’écart, ce dernier retrouvant du travail dans un team
japonais. Aron tombera
petit à petit amoureux
de la femme de
Stoddart (incarnée par Jessica Walter) pendant la convalescence de ce dernier
alors que d’autres pilotes (dont un interprété par Yves Montand) défrayent la
chronique par leurs affaires amoureuses.
Présentes dans le film, des
F1 de l’époque telles Ferrari 312, Lotus 16 et BRM, ainsi
qu’une belle Shelby 350 GT 1965 et une Ferrari 330 GTC 1966.
Véritable gouffre financier ayant nécessité l’intervention financière de
l’acteur principal himself,
« Le Mans » (1971, de Lee H. Katzin) est un film documentaire
sur la plus prestigieuse épreuve d’endurance du monde:
les 24 Heures du Mans. Opposant Porsche à Ferrari, le scénario est simple: le
héros, Michael Delaney, interprété par Steve McQueen, est pilote Porsche. Il a
été impliqué l’année
précédente dans un fait de course ayant entraîné le décès d’un pilote Ferrari.
Il doit écarter ses vieux démons et
contribuer à ce que Porsche remporte
le bras de fer face à Ferrari. Superbement filmé lors
de l’édition 1970, ayant réclamé la
participation de pilotes de renom tels
J. Ickx, D. Bell, J. Barth, V. Elford, M. Gregory, G. Larrousse, T. Pilette, D.
Piper (ayant perdu une jambe lors
du tournage), J. Siffert etc., on a droit à une fabuleuse panoplie de bolides
de l’époque: Porsche 914, Porsche 917, Ferrari 512 S, Ferrari
P4, Alfa Romeo 33, Ford
GT 40, Matra MS 650, Porsche 911, Chevrolet Corvette
etc. Un bon film pour amateurs
avertis.
Dans un registre plus amateur,
la série des films
« Cannonball » propose diverses brochettes de belles autos
participant pour la plupart à cette grande course officieuse sur routes
ouvertes à travers les Etats-Unis. Dans « Cannonball » (1976,
de Paul Bartel, avec David Carradine), on trouve – pour ne citer que les plus
intéressantes – une Dodge Charger R/T 1968 noire, une De Tomaso
Pantera « L » 1973-74 jaune et une Pontiac Trans-Am 1970 rouge.
Dans « The Cannonball Run » (1981, de Hal Needham, avec
Burt Reynolds, Roger Moore et Farrah Fawcett), on a droit entre autres à une Aston
Martin DB5 1964 grise, une Ferrari 308 GTSi 1980-85 rouge, une Rolls
Royce Silver Shadow I 1965-77 et une Lamborghini
Countach LP 400 S 1982 noire. Les deux autres films qui
ont suivi sur le même thème sont
du réchauffé.
Ne parlons pas de « RPM » (1998, de Ian Sharp) qui est vraiment à
qualifier de mauvais
film (même si on
peut y voir de superbes machines),
et finissons-en avec le plateau mécanique
de « Gone in 60 seconds » dans sa version originale de 1974.
Si le scénario du film est
réduit à sa plus simple
expression puisqu’il met en
scène un homme
inspecteur en assurance le jour et voleur de voitures de luxe et de sport la
nuit, la liste de belles autos est à couper le souffle, avec par ordre
alphabétique: Cadillac Coupé DeVille 1963 et 1964, Cadillac Eldorado
1971, Chevrolet Vega 1971, Chevrolet Corvette décapotable 1971,
Citroën SM version US 1971-73, De Tomaso
Mangusta 1967-71 et Pantera 1971-75, Dodge Charger 1972
et Challenger 1973, Ferrari 365 GTB/4 Daytona 1968-73, Ferrari
340 America
1951-52, une rare Intermeccanica
Italia GFX 1968-72, Jensen Interceptor Mk III 1973, Lamborghini
Miura 1967, Lotus Europa S1 1966, Maserati Ghibli Coupé
1966-73, Mercury Montego 1970, Oldsmobile
Cutlass 1963, Plymouth
Barracuda 1972 et Road Runner 1972 etc. Impressionnant,
n’est-ce pas?